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Date de création : 24.05.2009
Dernière mise à jour :
10.11.2015
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La peur est le pire ennemi du progrès de l'homme. Elle nous permet de vivre longtemps mais dans l'immobilisme
"Avoir le droit de désapprouver les lettres ouvertes d'Aboubacar Ben Said Salim"
Ah ARM! Ces derniers temps j'ai lu dans certains de tes publications des propos qui me laissent perplexes. Je prends l'exemple de ton article “Avoir le droit de désapprouver les lettres ouvertes d'Aboubacar Ben Saïd Salim” relative donc aux lettres ouvertes adressées à François Hollande par Fundi Aboubacar Said Salim.Je ne crois pas que Professeur Aboubacar Ben Said Salim aurait rechigné à ce que l'on désapprouve ses propos, sinon il ne les auraient pas rendu public dans un blog où le principe est de faire des échanges. Quand tu dis “A quel titre le citoyen Aboubacar Ben Said Salim s'arroge-t-il le droit de dire que François Hollande n'est pas la bienvenue aux Comores?” Je me demande si on n'a pas le droit d'exprimer son opinion ou donner sa position en tant que citoyen par rapport à ce sujet.
Il ne parle pas au nom du gouvernement mais à son propre nom en tant que citoyen. Voudriez-vous bien nous donner la source juridique qui empêche un citoyen à donner son opinion? Et encore quand tu dis “A quel, titre le citoyen Aboubacar Ben Said Salim... Au nom de quoi?”, je dirais que toi même tu as répondu a ces questions en mettant le mot citoyen devant son nom. Et quand tu poursuis en demandant ou en te demandant: “Et si, moi simple citoyen, je dis que le président français, sera accueilli en frère aux Comores ou il n'a commis aucun crime?”. Je me demande s'il ne te revient pas de donner la réponse à ta propre question, mais si tu veux dire que tu n'as pas le droit de donner ton opinion sur cette question, cela te regarde. Si en Droit tu apprends qu'en tant que simple citoyen, tu es assujetti à la mort civile, donc privé de ta liberté d'expression, entre autre peut-être, c'est ton droit de réagir en conséquence.
Dans un des extraits que tu as cités, Professeur Aboubacar Ben Said Salim a donné un exemple pour illustrer ses propos, “... au vu des crimes que vous commettez avec la droite française qui a instauré le visa de la mort en 1995, appelé le visa Balladur, qui a causé la mort provoquée par la GESTA-PAF de Mayotte...,”. ARM, voudrais-tu nous faire part de tes exemples illustrant l'innocence de la France? Voudrais-tu bien nous expliquer ce que tu veux dire quand tu déclares tenir “à signaler aux autres comoriens qu'il ne faut pas confondre les causes et les effets”, quand tu dis “autres comoriens” veux-tu dire que le Professeur Aboubacar Ben Said Salim ne comprend rien et qu'il est de ton devoir de le signaler à nous autres pour que nous ne soyons pas emportés par les erreurs de Fundi? Par ce “...je tiens à signaler...”, veux-tu dire que tu détiens la vérité et qu'il est de ton devoir de nous éclairer? Et d'ailleurs, l'effet ne constitue-t-il pas en soi ce qui est produit par une cause?
Bien entendu, je n'en disconviens pas quand tu dis que, “...le mal vivre...” fait partie des raisons qui poussent les comorien des autres îles à vouloir à tout prix se rendre à Mayotte où ils espèrent avoir cette bonne vie qu’ils n’ont pas “... dans un pays pillé par les autorités nationales”, ruiné par la corruption, les détournements des deniers publics, l'impunité, …et tant d'autres maux.
Mais si on revenait aux causes et aux effets, le visa Balladur n'est-il pas une cause produisant comme effet la mort de plusieurs centaines de comoriennes et comoriens? Les statistiques nous montrent la progression de la courbe depuis l'instauration du visa Balladur, étant donné que ce visa est difficile à avoir pour certains par manque de moyen, et pour d'autres parce que même en ayant les moyens ils n'ont pas le visa ; à moins que l'on doit attendre que toi, ARM, tu assermentes les auteurs de ces statistiques pour ainsi garantir leurs authenticités.
Sais-tu que des personnes desirant se rendre à Mayotte pour des soins medicaux se heurtent souvent au refus du visa et prennent à contre cœur le kwasakwasa? Quand Fundi Aboubacar Ben Said Salim dit “... au vu des crimes que vous commettez...”, cela n'est-il pas vrai? Relisons ces déclarations faites par des hommes d'état français, que l'on trouve sur la page d'accueil du blog Mlimadji. 1) François Mitterrand : Lors de son voyage aux Comores en 1990, le Président François Mitterrand avait déclaré que “la loi séparant Mayotte des Comores est une loi injuste”.
2) Michel Rocard : lundi 28 janvier 2000, à Washington : “au regard du droit international, l'administration de Mayotte par la France est illégale”. Ce qui est défini comme “injuste” et “illégale” ne s'apparente-il pas à un crime? Déclarer soi-même que séparer Mayotte des autres îles et administrer Mayotte est illégale tout en continuant à y imposer sa loi, en l'occurrence le visa Balladur, cela n'est-il pas un crime? Violer les " Résolutions de l'ONU n° 31/4 du 21/10/1976'' dans lesquelles cette organisation déclare ce qui suit: "1- condamne les référendums du 8 février et du 11 avril 76 organisés dans l'île comorienne de Mayotte par le gouvernement français...'', et ''2- condamne énergiquement la présence française à Mayotte qui constitue une violation de l'unité nationale , de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de la république indépendante des Comores.", cela n'est-il pas un crime?
ARM, dans ton article publié sur www.lemohelien.com, le mercredi 16 juillet 2014, intitulé “Hamada Madi Boléro, invité spécial du «Journal Afrique» sur la chaîne France 24”, tu dis ceci : “En d’autres termes, aux Comores, ce n’est pas seulement un visa instauré par la France à Mayotte qui tue en haute mer.” Cela ne signifie-t-il pas que le visa Balladur tue? Et là tu ne cites pas Bolero mais il s'agit de tes propres propos.
Dans une autre publication intitulée : “Les confidences publiques de Boléro pour convaincre sur la viabilité de l’espoir aux Comores”, dans laquelle tu as recueilli les propos le 11 juillet 2014, tu poses cette question à Hamada Madi Bolero: “Certains Comoriens vous reprochent votre pragmatisme, qui vous incite à négocier avec la France sur Mayotte, vous accusant d’être un «vendu». Est-ce que ces gens-là ont une Armée pour chasser la France de Mayotte?”. Par là, tu affirmes qu'il est pragmatique. Si cela était pragmatique, qui l'aurait rejeté? A mon avis, c'est par rapport à la démarche suivie ou à la base des résultats de ladite démarche que cela devrait est qualifié de pragmatisme. Est-il pragmatique de privilégier des négociations en dehors des instances internationales, ou est-ce que l'ONU et autres institutions ne sont plus habilitées à s'occuper de cette question? Qu'y a-t-il de pragmatique de tourner le dos aux institutions international es et régionales et négocier en aparté avec la France qui n'a jamais voulu respecter les résolutions des Nations Unies? Et qui parle de l’envoi d'une armée “pour chasser la France de Mayotte?” On n'a pas cette force ARM.
Notre force est de passer par l'ONU, l'UE,... ce que Bolero semble ne pas privilégier. Ma foi, n'est-il pas ridicule de faire l’intègre devant les médias qui peut-être savent ou sauront que cette même personne faisait partie de l’équipe qui dirigeait le pays quand la même question a été retirée de l'instance internationale par son parti ? Vers la fin de ta publication tu dis: “On aimerait attendre une telle merveille médiatique...”, eh oui, personne ne peut le nier, c'était une merveille médiatique car Bolero nous a honorés en défendant devant les médias l'intégrité comorienne et je le salue. Il nous a aussi honorés du fait qu'il parle le français avec aisance, ce qui fait partie des choses que tu apprécies dans les propos d e Bolero, contrairement de ce que l'on entend “... de la part des autres hommes d’État comoriens, souvent soporifiques, insipides et falots, dont personnellement j’évite de suivre les interventions à la télévision, tant elles sont ennuyeuses,...”, que tu juges “sans queue, ni tête, ni panache.” Ce n'est pas du tout nouveau quand tu t'attardes sur le niveau d'expression des autres. Mais je me demande si l'on doit parler à la Molière pour prétendre donner son opinion sur un tel ou tel sujet.
L'aisance de Bolero à parler le français fait-il de lui un bon négociateur, un homme franc? Ce qu'il a dit devant les médias ne relève-t-il tout simplement pas de la démagogie et du marketing politique? Quand il était au pouvoir en tant que membre du CRC (je ne sais pas s'il est encore membre), son parti n'a-t-il pas retiré la question de Mayotte de l'ordre du jour de l'ONU?” Tu continues en disant “Mais, ce n’est pas parce que Hamada Madi Boléro a entièrement réussi sa prestation télévisée que ses ennemis institutionnels ne vont pas trouver matière à redire”.
Mais il a réussi à faire quoi de concret ? Devant qui? Devant le journaliste ? Et qu'a-t-il vraiment réussi? A te faire croire devant les médias qu'il défend l'intégrité des Comores alors qu'il est de ceux qui ont retiré la question de Mayotte de l'ordre du jour de l'ONU? C'est à l'ONU que l'on aimerait voir la bravoure de nos dirigeants. Mais soustraire la question des débats et venir par la suite défendre la même question devant les médias, ou est-ce que l'homme va ? Dans le même élan, tu conclues par “Donc, il est attendu du défunt FD et du moribond Comité Maoré qu’ils trouvent dans l’excellente intervention télévision de Hamada Madi Boléro matière à l’accuser,…S’ils ne le font pas, c’est qu’ils ont cessé d’être eux-mêmes.”
Je salue ta constance car tu n'as pas cessé d'être toi-même à travers tes incessantes insultes insensées, dignes d'un écolier, toi qui veux toujours te faire passer pour un éclairé en insérant au milieu de tes articles tu insères des dialogues du genre: X (ARM on a besoin de ton analyse sur tel sujet); ARM (Ne t'inquiète pas je vais m'y mettre), de grâce, un peu de modestie; toi qui n'a pas fait preuve d'honnêteté car cela serait un abaissement de ta part, de reconnaître les mensonges que tu as dit sur Hamidou A Sambaouma qui, le 18 juillet 2014 sur Comores-Karidjapvendza, nous a éclairés sur les déformations que tu as faites à ses propos dans l'article intitulé “Le Général Salim(..)grand invité surprise de la conférence”. Par rapport à Bolero, je perçois en toi un changement de cap car j'ai l'habitude de garder, pour relecture, les articles dont les auteurs me semblent impartiaux et honnêtes, comme toi. Et ma foi, sur Bolero, je dirais que tu soutiens à la fois une chose et son contraire, te souviens-tu que tu as tant dis sur Bolero? Je me demande si tes incohérences, ne vont pas faire perdre à tes lectures cette envie de te lire, toi dont les discours de ceux qui parlent mal le français te donnent envie de vomir.
Je préfère terminer par un extrait de la publication de Monsieur Ahmed Ali Amir dans Alwatan, publié le 01/08/2014 sur la toile par Dafinemkomori:“Ces naufrages ne sont que la conséquence de ce conflit territorial. La France, avec des complicités comoriennes a réussi à soustraire de l’ordre du jour de l’Onu, la question de Mayotte, alors que New York a justement la responsabilité principale de régler les conflits frontaliers et d’assurer la paix entre les Nations. La France qualifie d’intelligents les Comoriens qui admettent que «la culpabilité est comorienne», à médailler les nationaux qui ont «évolués» dans le discours. Ceux qui ont changé de fusil d’épaule ou changé de camp sont glorifiés.”
J'imagine que, si tu te donnes la peine de lire ma réaction, tu vas d'abord comme d'habitude, t'attarder sur l'orthographe, la grammaire, la sémantique, la syntaxe, la ponctuation … pour ainsi t'adonner à tes railleries enfantines, à critiquer le français approximatif des comoriens, (qui devraient peut-être venir apprendre auprès de toi) comme ce que tu dis ici “ces «francophones purs» s’exprimant dans un «français de manioc»”. Je ne suis pas français, je me demande pourquoi j'aurais honte de parler mal une langue qui n’est pas mienne. Je continue à apprendre, sachant que je ne vais pas atteindre le summum du parfait et de l'autosuffisance, comme toi. Mais, devient-on grand parce que l'on a un panier rempli de diplômes, ou plutôt à travers des valeurs telles que les bonnes manières, l'honnêteté, le savoir-vivre, la bonne conduite...? Va savoir!
Mohamed Adinane
«Avez-vous vu Aliou? Qui a vu Aliou? Où est Aliou? Si vous voulez éviter un drame, appelez le KGB, tout de suite, car si je tombe sur Aliou, je ne répondrai pas de moi-même. Il voulait devenir Président de l’Union des Étudiants africains en Ukraine? Personne ne s’est opposé à lui. Nous l’avons laissé faire. Ses “trucs”? Nous les connaissons, et pourtant, par faiblesse ou par charité, nous le laissons faire. Mais, cette fois-ci, il est allé trop loin. Oui, trop loin. Savez-vous ce qu’il m’a fait? Alors qu’il ne me reste que 25 roubles et 47 kopecks pour finir le mois, il a pris le poulet que je gardais jalousement dans mon frigo, dans l’attente de jours difficiles. Oui, il a pris mon pauvre poulet, l’un de ces beaux poulets dodus venus du Kirghizstan».
Il suffisait de voir Fouad Ben Mohadji trembler de colère pour savoir qu’il était sorti de ses gonds. Il était hors de lui-même. Mon grand frère, qui venait d’arriver à Kiev pour des études en Génie civil, n’avait jamais entendu parler d’un Aliou au **** de la communauté comorienne d’Ukraine. Abdou Moissi, de Ngazidja Itsandzéni, était frappé de stupeur, voire scandalisé quand mon grand frère lui avait dit ne pas savoir qui était Aliou. Mais, comme Abdou Moissi est un garçon pondéré et compréhensif, il fixa mon frère longuement de son regard avant de lui dire: «Aliou, c’est notre star locale, une star qui nous vient justement de Boingoma, comme toi: Hamada Madi Boléro».
Hamada Madi Boléro dit Aliou. Ça fait tropical. Or, la scène se déroule en pleine taïga, si ce n’est dans la toundra d’Ukraine. Un endroit où il fait gris et froid en cette fin des années 1980. D’ailleurs, Abdou Moissi n’a nullement exagéré en qualifiant Aliou de «star locale». Car, dans la communauté des étudiants africains en Ukraine, l’homme Boléro était comme un poisson dans l’eau. N’était-il pas, justement, Président de cette communauté, donc, l’interlocuteur privilégié des autorités ukrainiennes pour tout ce qui touche les étudiants africains sur le territoire de ce qui était encore une République soviétique? Son bagou de marchand de tapis et sa faconde de marchand de chameaux faisaient le reste. Ces années ont été déterminantes pour sa formation d’homme d’État. Et, il ne faut pas avoir la faiblesse de croire qu’Aliou se contentait d’être un figurant, peu s’en faut. Même les autorités soviétiques, connues pour être austères et déprimantes, affichaient une mine réjouie dès qu’elles voyaient Aliou, chapeau de feutre sur la tête comme un éminent apparatchik de la nomenklatura, serviette en main, comme un businessman occidental. Car, qu’on l’aime ou qu’on soit réservé à son égard, force est de constater que l’homme Aliou a au moins deux qualités: l’éloquence et une inébranlable volonté et capacité de convaincre. Il est d’un commerce agréable, et cela, les autorités ukrainiennes le savaient. Et l’appréciaient.
J’ai déjà eu l’occasion de signaler que son ascension politique reste un cas sui generis dans les annales politiques des Comores. Mais, ce que les gens ne savent pas, c’est que Hamada Madi Boléro s’est préparé de longue date à l’exercice du pouvoir. Déjà en classe de Sixième, il citait Karl Marx, Friedrich Engels et Vladimir Oulianov dit Lénine. Lui-même s’était surnommé Lénine. Sa connaissance de la doxa marxiste-léniniste était incontestable et le reste, même si, à l’épreuve du pouvoir, il a viré au libéralisme. C’est une question de réalisme, et Hamada Madi Boléro est un réaliste, un pragmatique, un politicien qui n’a que du mépris pour le dogmatisme. Ceux qui l’ont côtoyé au cours de ces années 1977-1980, quand il était au Collège rural de Fomboni, ont vu en lui un élève particulièrement brillant, un élève qui avait le don de jongler avec les matières littéraires et avec les disciplines scientifiques, avec une égale aisance. C’était une qualité plutôt rare, et ce, à un moment où, à Mohéli, on regardait les littéraires avec un profond dédain et avec pitié, les considérant comme des cas irrémédiablement perdus. Cela étant, certains élèves pouvaient faire et refaire le baccalauréat 5 fois de suite – honni soit qui mal y pense – puisque certains élèves étaient convaincus que l’excellence et le mérite ne pouvaient venir que des matières scientifiques.
Hamada Madi Boléro devient bachelier en 1984. Il effectue son service national en 1984-1985 au Collège rural de Fomboni, où il a été lui-même scolarisé quelques années plus tôt. En 1985, il débarqua avec armes et bagages en Ukraine, qui faisait encore partie de l’URSS. En Ukraine, Aliou était chez lui. Sachant se mettre en valeur, doté d’un instinct de survie hors du commun, notre bonhomme sut tirer profit des événements, précisément de son statut de Président, toujours endimanché, de l’Union des Étudiants africains en Ukraine. Il fit ses études en Relations internationales. À la fin de ces études, il retourna aux Comores et fut pris en charge d’abord par Mohamed Larif Oukacha, alors ministre de l’éducation, puis par Mohamed Said Abdallah Mchangama, alors étoile polaire de la galaxie politique des Comores, où il était arrivé à se faire le gendre du Président vieillissant Saïd Mohamed Djohar. Il fit ses premières armes au Parlement, sous l’œil bienveillant et quelque peu gourmand de son mentor, Mchangama. Mais, justement sur cette proximité avec Mchangama, les avis sont partagés. En effet, pour les experts avertis, Hamada Madi Boléro est plus machiavélique et donc plus cynique que Mchangama, tandis que les initiés estiment que l’homme Boléro et Mchangama se valent, et alors que les observateurs du microcosme comorien se disent convaincus que le culot de Mchangama dépasse légèrement celui de Hamada Madi Boléro, sinon l’inverse. Cherchez l’erreur…
Le 30 avril 1999. Azali Assoumani, disant vouloir «sauver ce qui peut l’être», réussit son coup d’État. Voulant prendre le train à la gare de Beït-Salam et non en marche, Hamada Madi Boléro commet un article élogieux envers la junte militaire. Azali Assoumani, qui était dans un état de désespoir absolu, puisqu’il ne savait que faire de son putsch, le fit convoquer pour l’entendre répéter des paroles d’encouragement envers lui, dans un état d’obséquiosité faisant pleurer d’émotion certains collaborateurs de l’officier qui avait été le premier à se cacher à l’ambassade de France à Moroni, lors du putsch de 1995, qui avait renversé Saïd Mohamed Djohar. C’est ainsi que Hamada Madi Boléro devint l’un des chantres de l’Azalisme. Mais, convaincu que Dieu ne l’a envoyé sur terre que pour devenir un dirigeant de premier plan, Aliou voulait jouer dans la cour des grands, car les seconds rôles, ce n’est pas son verre de Vodka, sa louche de caviar, non plus. Touchant…
C’est alors qu’il eut l’idée du siècle. Et pourquoi n’y avait-il pas pensé plus tôt? Un moment, il avait eu peur pour lui-même, croyant que son intelligence diminuait. Oui, pourquoi n’avait-il pas pensé plus tôt à Mohamed Saïd Fazul, de Boingoma comme lui et moi, et dont l’oncle était un des interlocuteurs mohéliens d’Azali Assoumani, susurrant au neveu une mélodie qu’aucune personne aimant un tant soit peu le pouvoir n’aurait ignorée: «Par la force des choses, et en raison de la crise née du séparatisme à Anjouan, Azali Assoumani a choisi un Premier ministre mohélien: Bienrifi Tarmindhi. Dis à Tonton de persuader Azali Assoumani de s’en débarrasser et de me nommer à sa place, et, quand je serais chef du gouvernement, je fais de toi le gouverneur de Mohéli». Les choses se passèrent comme Hamada Madi Boléro les avait «vues», mais sans pouvoir maintenir longtemps Mohamed Saïd Fazul dans son giron et dans celui d’Azali Assoumani. Les ennemis étaient aux aguets à Moroni et à Mutsamudu.
Début janvier 2002. Quand Azali Assoumani devait démissionner pour se présenter à des élections truquées pour tenter de légitimer son putsch, c’est à Hamada Madi Boléro qu’il confia les clefs de Beït-Salam, alors que le cousin Mohamed Elamine Soeuf, croyant son heure arrivée pour la magistrature suprême, rongeait son frein et manœuvrait en coulisses. Son échec, pourtant prévisible, l’a conduit à vouer à Hamada Madi Boléro une haine peu commune sur la scène politique comorienne. Aliou resta président de la République de janvier à mai 2002. En 2004, il fut battu aux élections législatives par Mohamed Larif Oukacha. Il démissionna de son poste de ministre de la Défense, non pas comme le prétend la vox populi, à la suite de cet échec, mais après le constat fait sur son incapacité à lutter contre la montée des intégristes comoriens, dont certains sont devenus des agents du terrorisme international. Pour le consoler, l’«ami Azali Assoumani» (ces guillemets ont une lourde signification: Azali Assoumani avait favorisé l’échec d’Aliou) lui confia la direction d’une coquille vide, celle de la télévision des Comores. En 2010, il fut battu aux législatives par Ahmed Daroumi, un novice en politique, achevant de convaincre ceux qui suivent sa carrière politique et croyaient en lui qu’il est désormais une cause désespérée, un cas perdu.
Il est candidat à l’élection présidentielle de novembre et décembre 2010. Mais, le gugusse présente un bilan politique médiocre. Les Comores ne lui doivent aucun projet. Si, un! Il est l’auteur d’un super-projet: la construction d’une super-maison familiale. Si on gratte un peu, on retrouve des détournements de fonds à la pelle, des trafics de tous genres (visas et autres), et des accusations diverses. Les Mohéliens sont unanimes pour l’accuser d’arrogance, lui qui a dirigé d’une main de maître la contestation contre le projet de Sambi de ne pas vouloir accorder à Mohéli la présidence tournante en 2010. Oui, sur ce plan, Hamada Madi Boléro a été impeccable. Irréprochable. Mais, voilà, on le dit arrogant, assoiffé de pouvoir, d’argent, d’honneurs et d’être convaincu d’être né pour être Président de la République. Sur Internet, il est photogénique (Ah! Son fameux demi-sourire sur ses photos!), mais cela ne suffit pas pour devenir chef d’État. Les coupeurs de cheveux en quatre l’accusent de se dire Mohélien ou Grand-Comorien selon ses intérêts du moment. Les grincheux lui reconnaissent de l’intelligence, mais se demandent pourquoi il ne met pas celle-ci au service de sa carrière politique. Les Tartuffes ne comprennent pas pourquoi Hamada Madi Boléro, le politicien comorien – Sambi compris – le mieux informé des choses de l’Islam prend autant de libertés avec cette religion. Les cyniques l’accusent de ne pas savoir fidéliser sa clientèle politique, rappelant, des larmes de crocodiles aux yeux, que même le fidèle Abdallah Saïd Sarouma, dit Gris-gris, dit Baguiri, dit Chabouhane, a quitté son navire pour voguer sur le bateau du Commandant Bienrifi Tarmindhi, dont il avait eu la peau dans les conditions évoquées.
Les jaloux disent que dans son engagement pour Mohéli-2010, il n’y avait que des calculs politiques d’arrière-boutique, comme si on entend des politiciens comoriens qu’ils soient sincères. Les Comoriens de France disent que Hamada Madi Boléro continue à les mépriser et à les snober, comme aux temps de sa splendeur (passée). Ceux atteints de complotite aiguë voient en lui un collaborateur des services secrets et de la mafia de Russie. Au plus fort de la crise à Mohéli au printemps 2010, quand Sambi complotait pour rester au pouvoir, chaque fois que Hamada Madi Boléro se rendait en France – à dessein, de manière presque secrète, il est vrai –, on l’accusait de préparer un putsch contre le récalcitrant de Beït-Salam. De la pure paranoïa…
Imperturbable, Aliou se croit prédestiné, destiné à devenir un grand homme d’État. Mais, cela, seuls les Mohéliens et les autres Comoriens ont le pouvoir de le dire, soit pour le conforter dans la haute opinion qu’il a de lui-même, soit pour le désavouer. En tout état de cause, Aliou sait se glisser dans les habits d’un grand chef, sait être un homme d’appareil politique, aime exercer le pouvoir, mais ne sait pas le conquérir. C’est son drame personnel.
Saïd Hamada,
Boingoma, Mohéli
sorce: moheli2010.com
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